mer

11

aoû

2010

PARENTIS. MORENO DE SILVA

Le lot de novillos de D. Moreno de Silva, imposant de trapio, excepté le 6 plus petit, encasté et mobile, a donné un certain attrait à cette deuxième novillada de la feria de Sen Bertomiu. Des oreilles étaient à couper pour des novilleros expérimentés et motivés, mais à l’image du niveau novilleril actuellement bas, aucun des trois diestros n’est arrivé à la hauteur du bétail.

 

Nuño Casquinha accueille en entrée, un beau cardeño oscuro bragado, réservé à la cape puis plus actif sous la longue première pique et peu sous la seconde. Le bicho met un peu la pagaille lors des banderilles puis après que le torero ait fait offrande de son adversaire à l’éleveur présent en barrera, il se fait doubler vers le centre de la piste. Enchaînant de suite à gauche, le diestro reste distant. Passant sur l’autre bord, il enroule quelques derechazos convenables. Une nouvelle tentative à gauche reste infructueuse. Un bajonazo hémorragique d’effet rapide au troisième envoi couche le quadrupède. Silence.

 

Son second opposant, mis en suerte par Morenito d’Arles (!), est très mal piqué (sifflets au picador) lors de trois rencontres desquelles on retiendra un comportement défensif (ou de recherche d’appui dans le peto ?) avec des coups de tête. Le novillero avec la flanelle n’arrive pas à marquer le novillo de son empreinte, et reste superficiel et lointain, laissant son adversaire maître de la piste. La deuxième estoque entière basse en perdant la muleta lui donne un second silence.

 

Juan Ortiz, hérite d’un beau cardeño bragado, à la corne droite escobillée, qui cherche la sortie mais qui finalement offre au diestro un carré de véroniques rématé par une revolera. Les trois mises en suerte au groupe équestre sont bien menées. Le cornu accepte un premier puyazo où il pousse bien, un deuxième picotazo en partant bien et un dernier refilon après une longue hésitation, le novillo restant difficile à piquer du fait de sa course en zig-zag, style cadrage débordement. Ortiz le double vers le centre, reste sur le passage lors de la première série à droite puis serre un peu plus sur les deux suivantes. A gauche, il reste prudent lors d’une seule série. Le retour à tribord n’apporte rien de plus. Il bascule bien lors de la mise à mort pour une entière delantera. La pétition minoritaire lui autorise le tour de piste.

 

Le quinto, cardeño oscuro, légèrement bizco, se voit servir une larga afarolada de rodillas lors de son premier passage le long des tablas puis une grappe de véroniques bien facturées, le tout conclu d’un jolie revolera. Le tercio de varas commence par un batacazo après une bonne pique, se poursuit par une petite pique, l’animal quittant le cheval pour aller chasser Bonijol qui était resté dans le ruedo le long des tablas, puis revient près des planches. Il partira de près, au trait pour l’ultime rencontre légère. Le cornu, andarin, chasse tout le monde de la piste et reste difficilement contrôlable lors de la brega du deuxième tiers. Ortiz le double vers le centre puis s’aide de l’épée à gauche lors des deux premières séries méfiantes. A droite, l’astado a plus de moteur et les muletazos sont plus structurés. De retour à bâbord, le Moreno de Silva réduit de nouveau sa charge. Le trois-quart de lame du premier envoi se loge dans le rincon, hémorragie…agitation majoritaire de mouchoirs… oreille.

 

Daniel Palencia ne veut pas voir le cornu au capote, laisse ses peones s’occuper de la mise en suerte pour les piques… Le jeune homme a peur. Le cardeño reçoit une première ration appuyée en deux temps, puis une deuxième du même calibre termine par un picotazo à l’ultime troisième. A la flanelle, le diestro est complètement dépassé, paniqué, fuyant l’animal après avoir lâché les trastos…L’échec aux aciers sera cuisant : huit tentatives, deux descabellos, une puntilla. Sifflets après un avis.

 

A son deuxième, un negro de format plus réduit, il délaissé de nouveau le tercio de piques avec trois rencontres appuyées, où l’animal pousse mais sort seul et assez vite, auxquelles est ajouté un dernier refilon prémédité lors de la sortie du piquero. Palencia recule dès le début de la faena. On sent de nouveau la déroute, mais finalement, le jeune s’arrime et réalise des derechazos inespérés, certains assez bien confectionnés, lors de cinq séries. Il reste inédit à gauche et cloue le cornu au troisième assaut avec une demie basse. Silence.

 

Prix J.P. Fabaron au meilleur tercio de pique à Juan Carlos Pedrosa pour le deuxième novillo de la tarde.

 

O.B